Pourquoi la psychiatrie ? La perspective d’une étudiante en médecine

En pleine saison des CaRMS (service Canadien de jumelage des résidents) —que j’ai surnommée « la saison d’introspection » —une question revient sans cesse : pourquoi la psychiatrie ? 

De nombreuses raisons me viennent à l’esprit, et il m’est difficile d’en isoler une seule. Un mentor m’a suggéré de coucher mes réflexions sur papier, alors me voici !

Alors Neyra, pourquoi la psychiatrie ?

Tout d’abord, je crois profondément en la notion de redonner au suivant. Je reconnais les privilèges dont j’ai bénéficié, et je ressens un devoir d’aider ceux qui n’ont pas eu les mêmes opportunités. La psychiatrie m’offre la chance de servir une population confrontée à d’immenses adversités—des individus souvent incompris, étiquetés ou marginalisés simplement parce qu’ils ne correspondent pas à la norme. 

Le service communautaire a également toujours occupé une place importante dans ma vie. Que ce soit en accompagnant des demandeurs d’asile et des réfugiés pour leur offrir un meilleur accès aux services de santé, en intervenant auprès des personnes sans-abri, ou en apportant un soutien psychologique aux femmes atteintes de cancer, ces interactions me procurent un profond sentiment de sens et de mission. 

La psychiatrie me permet de voir l’individu derrière le diagnostic, au-delà des symptômes et des étiquettes. À travers leur histoire de vie, nous apprenons à comprendre leur maladie, ce qui insuffle une grande humanité à notre travail. C’est un immense privilège d’accompagner une personne dans sa quête de sens face à sa souffrance.

Il y a quelque chose de presque sacré dans le fait de devenir le gardien de la vulnérabilité de quelqu’un. C’est incroyable de se dire qu’une personne, que l’on ne connaît pas, choisit de nous confier ses pensées les plus profondes et cachées—des pensées que même ses proches n’ont peut-être jamais connues. 

Étant moi-même naturellement attirée par les réflexions philosophiques et encline à me questionner sur des enjeux existentiels j’apprécie la manière dont la psychiatrie offre une perspective unique sur l’expérience humaine tout en restant ancrée dans les aspects concrets de la médecine. C’est une spécialité qui me pousse à évoluer, tant sur le plan personnel que professionnel, et je suis impatiente de découvrir où ce parcours me mènera.

En fin de compte, tout se résume à deux choses : la psychiatrie est l’endroit où je me sens à ma place, et c’est là où je sais que je peux avoir le plus grand impact. 

Par Neyra Mekideche 

Étudiante au programme MDCM, Université McGill