Les Enfants Canadiens Vont-ils Bien ?

Isabelle Boileau et ses collègues examinent en profondeur la question de la santé mentale des jeunes. Y a-t-il vraiment une augmentation des difficultés de santé mentale chez les jeunes ou sommes-nous confrontés à un épiphénomène provenant d'autres changements structurels ? La réponse est claire : oui, il y a une réelle augmentation de la détresse chez les jeunes.

Ce n'est pas simplement une question de sensibilisation accrue ; il y a une augmentation mesurable des symptômes, des comportements suicidaires et, par conséquent, une pression sur le système de santé.

Les auteurs voient la crise comme le résultat direct des changements environnementaux dramatiques auxquels notre jeunesse est confrontée (des médias sociaux, du changement climatique à la précarité économique) et soutiennent que « la biologie reste largement la même ».

En somme, le « sens même de la vie » est en train de changer pour cette génération, et notre conception du bien-être évolue avec lui.

Cet éditorial nous laisse avec de nombreuses questions :

1. La « réingénierie sociale » est-elle une stratégie viable pour inverser cette tendance ? L’environnement social est-il la cible la plus malléable et modulable pour s’attaquer à ce problème ?

2. Si les approches sociales universelles fonctionnent, permettront-elles aussi d’aider les jeunes qui ont déjà besoin de niveaux de soins plus élevés ?

3. Une approche clinique centrée sur le bien-être peut-elle fonctionner sans mandat de régulation (c.-à-d., même en cas de violence, d’idées suicidaires ou de psychose, les centres de bien-être n’orienteraient pas vers les urgences hospitalières) ? Il s’agit d’un enjeu critique, car si la courbe de distribution de la santé mentale se déplace, la partie droite — comprenant les troubles les plus sévères — s’allongera et prendra de l’ampleur. Or, cette partie de la courbe comporte davantage de besoins liés à la maladie qu’au bien-être.

4. Comme le soulignent les auteurs, la nécessité de prioriser des interventions centrées sur la personne, telles que la psychothérapie et les approches axées sur la famille en milieu clinique, ne fait aucun doute. Mais comment les déployer efficacement à grande échelle ? Ces interventions sont – à ce jour – intrinsèquement des approches « humaines au cœur » ; l’intégration de l’IA peut être acceptable, mais quelle sera leur réelle efficacité sans ce noyau humain ?

 

Alors, où allons-nous à partir de maintenant ? Y aura-t-il une solution claire et unique ?  

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Par Lena Palaniyappan